EQUATEUR – 1

5 septembre 2019 2 Par Virginie

Dans ces moments d’émotion au passage de la frontière, nous en avons oublié la halte au cimetière de Tulcán ! …trop submergés par ces moments de détresse …

De la frontière à Otovalo

Nous nous engageons donc sur la route …entrée en Equateur … aussi étrange que cela puisse paraître, comme si la configuration géographique avait dessiné les frontières, la route est clairement moins sinueuse, peu fréquentée …

Quelques colombiens sont passés dans l’entonnoir …grâce à une protection divine ??
Parfois, certaines villes ont une présentation originale !!!

Otovalo, ville en dénivelé …nous apercevons les premières tenues traditionnelles …

Notre stationnement en haut de la ville !

La paisible ville d’Otavalo, dotée d’environ 40 000 habitants, est située à un peu plus de 2500m d’altitude. Elle possède le plus grand marché artisanal indigène d’Equateur.

Plaza de Ponchos

Les Indiens Otavalos ont gardé un art de vivre et de s’habiller qui leur est propre.

Parque Bolivar et l’église San Luis en arrière-plan
La tresse portée par les hommes est un symbole de virilité …

Ruminawi est un guerrier inca qui a mené la résistance contre les Espagnols dès 1533. Il est commémoré chaque 1er décembre en tant que héros indigène et défenseur du royaume de Quito.

Laguna Cuichaco

Située dans le canton de Cotacachi, an nord de quito, Cuicocha est la lagune d’une caldeira d’un ancien stratovolcan de la cordillère occidentale des Andes. La caldeira s’est formée il y a environ 3 100 années. . La lagune mesure 3 km de diamètre, 8 km de périmètre et 200m de profondeur. Au milieu de celle-ci émergent deux petites îles séparées par un canal connu sous le nom de « canal des rêves » …interdites aux touristes, ces deux îles servaient de prison pour les incas.

Culminant à plus de 3246m d’altitude, la caldeira offre un paysage montagneux, entourée par les volcans Imbabura et Cayambe. Il fait partie des plus beaux lacs d’altitude d’Equateur notamment en raison d’une grande diversité de ses faune (grèbe argenté, renard des Andes,soche…) et flore (calahuala, bois de rose …).

Chaque année en juin, le lac devient sacré avec la célébration du Soleil = Inti Raymi. Le chaman indigène effectue une purification par le bain. Ce rituel témoigne de la gratitude envers la Terre mère pour les récoltes.

Musée de la laguna
!!!
Menu local … bon si tu aimes la viande très cuite et les féculents !!!

Quito

En route vers la capitale …

Voici la Basilica del Voto Nacional … la plus grande basilique néogothique de toutes les Amériques !

Gargouilles en forme d’animaux typiques du pays …

Sa taille impressionnante en fait le lieu idéal pour observer la ville depuis ses 2 tours …

la vue se mérite !!!
Nous quittons la Basilica pour le centre …
La Catedral Metropolitana et la Plaza de la Independencia dite Plaza Grande …

La Plaza Grande est l’endroit où fut fondée la ville de Quito. On y trouve comme dans dans toutes les villes coloniales de l’Amérique Latine, un regroupement des principaux monuments traditionnels de la ville où les autorités de l’époque avaient logés les pouvoirs civils, religieux et municipaux.

Le Palacio del Gobierno, construit au 18 ème siècle, est le Palais Présidentiel …

Le Palais Présidentiel, construit au 18ème siècle, fut le siège de l’Audencia Real (lieu où, par charte royale d’affranchissement, siège une cour de justice). Les soldats qui montent la garde, tous habillés d’uniformes du 16ème siècle, ceux-là même que portèrent les troupes équatoriennes lors de la célèbre bataille de Pichincha. La balustrade de la galerie extérieure fut importée en 1890 par le président de l’époque des Tuileries de Paris, incendiées un siècle plus tôt lors de la Révolution Française.

Balade dans les vieilles rues …

Théoriquement appelée la Calle Morales, la Calle La Ronda est la plus vieille rue coloniale de toute la ville de Quito. De nombreux balcons garnissent les facades des demeures traditionnelles de cette charmante rue, autrefois le lieu de marché des autochtones.

La Police touristique …toujours curieuse de nous connaître !!!

Une petite coupe pour Félix …et on quitte notre stationnement un peu compliqué en plein centre-ville de Quito, ne nous permettant pas de profiter plus de la ville, pour se poser non loin de l’aéroport chez Miguel !!!

Une halte nature avec les animaux afin de faire un peu de logistique et nous laissons Ti kaz’an nou sous l’oeil de Miguel pour de nouvelles aventures …

Amazonie

La route vers l’Est de l’Equateur s’étant effondrée peu de temps avant, les créneaux horaires de passage et l’état de la route rendaient très compliquées l’accès à l’Amazonie.

Nous avons donc fait le choix du trajet en autocar… nous avons roulé toute la nuit…arrivée à 6h à Lago Agrio …

Dur,dur ….

Nous étions attablés au café afin de manger un bolón (boules de banane plantain frite fourrée avec du fromage, de la viande ou du chicharron !) qui se déguste avec un café !! quand notre attention se porte sur une vendeuse ambulante avec un incessant ballet de clients …nous décidons de goûter cette boisson très populaire et estimée ici, considérée comme énergétique et médicinale : tisane à base de plantes locales et pulpe d’aloe vera, le tout à boire tiède !

C’est l’estomac bien rempli que nous montons à bord d’un mini bus pour une durée de 1h30 qui nous emmène au lieu de rendez-vous à l’entrée de la Réserve de Cuyabeno …

Nous nous installons à bord de la pirogue pour 2h30 de navigation à travers la végétation amzonienne !!!

La réserve de Cuyabeno dispose d’une faune et d’une flore unique qui en font l’un des lieux à la biodiversité la plus dense de la planète. Ses 13 lacs, ses forêts tropicales s’étendent sur 6100 km2 et ses nombreuses rivières constituent l’habitat d’une riche variété de plantes dont certaine sont endémiques (1200 espèces dont 60 espèces d’orchidées). De nombreuses plantes ont des vertus médicinales que les communautés indigènes locales ont su utiliser.

Premier singe-araignée …

Nous découvrons notre chambre pour les jours à venir …loin du sol et avec moustiquaires !!!

Après un bon déjeuner, nous partons sur le fleuve en pirogue …

Cuyabeno abrite 550 espèces d’oiseaux, plus de 350 espèces de poissons (parmi lesquels le piranha), une grande variété de reptiles tels que le caïman, des anacondas et des tortues de rivière, de nombreuses variétés d’insectes ainsi que des grenouilles vénéneuses. Parmi les mammifères, on rencontre des tapirs, des tatous ou encore des dauphins roses de l’Amazone.

Et voici l’hoazin, grand oiseau d’environ 65cm,qui émet une grande variété de cris rauques. Il est considéré comme l’oiseau moderne le plus ancien encore existant (18 millions d’années). Il possède des « doigts » munis de 2 doigts griffus au bout de chaque aile (chez les juvéniles et parfois adultes) qui leur permet de remonter aux arbres après s’être laissés tomber dans l’eau depuis le nid (méthode de défense). Il est aussi appelé « la vache volante » car c’est le seul oiseau possédant un système digestif de ruminant… drôle d’oiseau !!!

Baignade dans l ‘Amazone au coucher du soleil … avant la sortie des crocodiles !!!

Compagnon de pirogue !
mygale

Voilà un magnifique stage contra-phobique !!!!

Fourmis coupeuses de feuilles …

Ici, au milieu de la jungle, passe la ligne de partage de l’Equateur !

Le « bejuco » est une liane sortant de terre ….elle est utilisée pour ses propriétés de curare !!!

Voilà quelque chose qui peut sembler anodin …. détrompez-vous !

Ce cocon est le résultat d’une opération de « zombification » de la part d’une guêpe tueuse appelée Zatypota … cette dernière pond un oeuf sur une araignée (Anelosimus eximius) , quand la larve éclôt, elle s’agrippe à l’arachnide, la suce de l’intérieur … quand l’araignée est totalement zombifiée, elle quitte sa colonie et tisse une structure inédite , sorte de cocon entièrement clos (cf photo) fournissant plus de protection qu’une toile lambda puis attend d’être mangée … 9 à 11 jours après, repue, la larve se transforme en guêpe et sort du cocon !!! Image rare de cocon …

Termitière géante
la forêt primaire …

Et voilà Parajito, notre guide pour ce séjour. Il appartient à la tribu des Quichua … il connaît sur le bout des doigts la faune et la flore qui entoure et est surtout capable d’imiter plus de 400 bruits d’animaux … un régal pour Félix …et nous tous !!!!

Petit moment étrange …la dégustation en direct de fourmis-citron !!!

La coloration de l’eau est causée par la décomposition de matières organiques et par l’acide tannique des dépôts.
Singe-écureuil

Cherchez bien ! ….les petites chauve-souris sont sur le tronc d’arbre !

L’anhinga ou oiseau serpent
Pêche au piranha !!! attention aux doigts !!! Cette dernière est seulement autorisée pour les peuples indigènes …
Ciné-live en Amazonie !!! Il n’y a pas beaucoup à chercher pour se faire des films !!!

Petite surprise accrochée au plafond de la chambre … nous avons dormi en toute innocence…en fait, il s’agissait de la larve d’une mygale !!!

La partie haute de la réserve est constituée de 14 lagons interconnectés, dont un seul est accessible pour le tourisme : le « Grand Lac » de 2,5 km de long. 13 lacs sont interdits et sont seulement accessibles pour les communautés locales et les rangers du parc.

Les séquelles des sand flies après la course aux sangliers dans la jungle !!!

Chaussés de nos quasi-permanentes bottes en caoutchouc (!), nous partons pour une marche de nuit dans la jungle amazonienne …de quoi s’imaginer tant de scenarii d’horreur …on a appris la solidarité dans un univers hostile, Parajito nous ayant fait marcher toutes lampes frontales éteintes dans la nuit totale en tenant la main de celui de devant !!!

Nous ne verrons qu’un petit caïman … et les yeux d’un gros sur l’autre rive !!!

Notre fidèle et expérimenté pilote de pirogue !!!
Le célèbre dauphin rose d’Amazonie !

Espiègle, intelligent et mystérieux, le dauphin rose de l’Amazone est un animal fascinant considéré comme un porte-bonheur. Nul ne sait quand et comment ces dauphins en sont venus à vivre en eau douce; peut-être sont-ils arrivés dans le bassin amazonien depuis l’Océan Pacifique il y a environ 15 millions d’années ou plus récemment depuis l’Atlantique entre 1,8 et 5 millions d’années. Les légendes locales racontent qu’ils prennent forme humaine la nuit tombée et gagnent la terre ferme pour féconder les jeunes filles !!!

Ce nouveau jour, nous nous rendons dans un village Siona du Rio Cuyabeno…

Nous sommes accueillis par Virginia !! dans son village qui regroupe 4 familles …

Nous participons au repas du déjeuner: ramassage des racines de yuca (manioc) que nous râpons …

les fibres du yuca sont ensuite essorées
…afin de répandre la poudre et de confectionner des galettes …
… et du poisson du Rio !!!!

Puis nous avons rendez-vous avec le chaman après un peu de marche … nous nous préparons avec des peintures à base d’urucum (ou achiote), plante d’Amazonie traditionnelle utilisée pour se protéger du soleil et des moustiques. 100 fois plus riche en carotène que la carotte, les femmes d’Amazonie utilisent les graines en guise de rouge à lèvres ou blush et les hommes s’en servent pour leurs peintures corporelles … le terme « peau rouge » a d’ailleurs été donné pour cette raison par les Portugais aux Indiens d’Amazonie car ils avaient vraiment la peau rouge à cause de l’iricum!!!

« Fouettage » aux plantes locales … et rituels chamaniques …

Félix s’est immédiatement porté volontaire pour une séance de purification … avec un peu de regrets sûrement !!!

Le chaman, guérisseur, arbore des colliers de dents de jaguar, des peintures traditionnelles et porte une coiffure ornée de plumes de quetzal et a suivi une formation très stricte. L’apprentissage peut commencer dès l’enfance et se terminer vers la quarantaine…c’est souvent un apprentissage familial …

Séance d’apprentissage de tir à la sarbacane ….pas simple la chasse indigène !!!

Une dernière baignade …
Brrrrrr …..elle a réussi à capturer une cigale !

Lever à 5h30 … on attend les oiseaux depuis la tour d’observation …

Il est temps de se quitter …
Dernière conversation avec Teresa, une Equatorienne en balade …
Représentation des tribus indigènes

Toutes les bonnes choses ayant une fin et n’étant pas encore indigènes (!), nous reprenons la pirogue et effectuons le même long trajet de retour vers Quito !!!