De Bacalar à Palenque (Mexique)

4 avril 2019 2 Par Virginie

Nous partons ensuite vers le lac BACALAR mesurant 70 kms de long, composé d’eau douce et d’un peu d’eau salée, qui doit son nom de « lagune aux sept couleurs » à la variété de ses tons de bleu. Nous trouvons un coin où nous poser chez Javier à Buenavista, un havre de paix….

Merci Javier pour ton accueil, ta gentillesse et ton sourire…

Nous quittons le Quintaroo, si différent du reste du Mexique..Sur la longue route qui mène à Palenque, nous faisons une halte au bord de l’eau dans un pueblo avant Escargesa…il a fait très chaud et sec toute la journée…

Dans le camping-car…
il fallait bien manger le poisson du lac Chama !

Et puis nous rejoignons PALENQUE, au pied des montagnes du Chiapas et dans la jungle… le site archéologique est l’un des beaux du Mexique, rempli d’une atmosphère mystérieuse …

Changement total…ici c’est le domaine de la moiteur !

La cité connait son apogée entre 600 et 700 avec le très long règne du roi Pacal, période correspondant aux grandes avancées de la civilisation maya. L’architecture est très différente d’Uxmal et de Chichén Itzá. Le fils de Pacal, Chan-Balum (jaguar-serpent) poursuivit l’oeuvre de son père. Peu après la mort de ce dernier, la cité entra dans sa phase de déclin. Palenque s’éteignit à la fin du Xème s. pour des raisons encore mystérieuses et disparut pendant presque 8 siècles aux yeux des hommes et du monde.

Entrée sur le site par le chemin de la jungle…
on se croirait dans Indiana Jones !
après la traversée de la jungle, l’arrivée sur le site…superbe.. Templo del Conde, l’un des plus anciens, construit vers 640
même l’appareil photo trouve qu’il fait trop humide !
Le Palacio accueillait les cérémonies religieuses rituelles. La tour fut construite pour l’observation des astres et du Soleil.
un vrai labyrinthe dans le Palacio
voici l’ancêtre des toilettes !
Templo de las Inscripciones où en 1949 une découverte capitale mit à jour un escalier secret qui descendait à l’intérieur de l’édifice. Après 3 ans pour le dégager, le tombeau du roi Pacal y fut découvert avec de somptueux bijoux en jade et un inestimable masque mortuaire (cf la visite du Museo de Antropologia de CDMX)
Templo de la Cruz
Le tombeau du roi Pacal, sarcophage de 13 tonnes
visite du museo attenant
un peu flippant non ?
nous avons dormi dans la jungle au milieu des singes hurleurs..très impressionnant !
ça parle plus !!!!

Nous avions très envie d’aller dans le Chiapas en particulier à San Cristobal de las Casas mais cela nous obligeait à faire l’aller/retour sur la même route sinueuse et remplie de topes (car nous voulions passer la frontière le plus au nord) que l’on ne nous recommandait pas de prendre (bloqueos, simple racket …) ; même si certains voyageurs n’avaient pas eu de problème majeur sur ce tronçon hormis un peu de pesos à délester…

Après réflexion, nous décidons de prendre un trajet aller simple en « colectivo » pour San Cristobal et en profiter pour faire 2 étapes…

Cascade de Misol-Ha (30m de haut)
Agua Azul, suite de cascades de bleus turquoise
et nous nous sommes baignés …la preuve …
La route entre Ocosingo et San Cristobal se fait en caravane de colectivos …
…et sous escorte policière…très étrange atmosphère que ce voyage…

Le Chiapas est une région mi-montagneuse mi-tropicale, peuplée de nombreuses communautés indigènes, la plupart descendants des Mayas (1 personne sur 6 ne parlant pas l’espagnol). Le paysans Indiens se sont révoltés le jour (01/01/1994) de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) et sont devenus les zapatistes (selon le nom de leur modèle, Emilio Zapata). Ses membres revendiquent l’autogestion de leur communauté, le droit au travail, la terre, …mais aussi la reconnaissance de leur identité et de leur culture. Ces communautés en lutte ont rompu avec l’Etat mexicain.

Arrivés à 22h à San Cristobal, nous avons dormi à l’hôtel et mis les pulls le matin !

Le matin, nous prenons un taxi vers SAN JUAN DE CHAMULA, village tzotzile, largement réfractaire à la colonisation et qui reste sur ses gardes face à l’étranger. Il est interdit de prendre des photographies à l’intérieur de l’église et des Chamulas. La plupart des hommes conservent la tenue traditionnelle faite de tunique de laine blanche et d’un chapeau de cow-boy vissé sur la tête.

Passé le porche vert, on plonge dans un univers étrange et fervent. Le chamanisme est ici plus fort qu’ailleurs et ce sont les esprits que l’on vient consulter en premier en cas de maladie ou de problème. Le dernier prêtre catholique a quitté le village en 1867 et l’évêque n’a le droit d’y entrer qu’une fois par an pour célébrer les baptêmes ! Les Tzotziles pratiquent leur propre religion en y intégrant des éléments catholiques. Toutes les statues des saints sont alignées le long des murs et une partie des cloches est déposée dans la nef ! Dans un bruissement continu d’incantations et de prières, les bougies sont allumées à même le sol. Leur fumée, comme celle du copal, ainsi que les fleurs nourrit les dieux, protège l’âme et libère l’esprit. Les poules vivantes trouvent leur place dans les incantations aussi à l’intérieur de l’église où les bancs n’existent pas …le sol est entièrement recouvert d’aiguilles de pin sacré.

San Cristobal
la jupe en poil de lama !

Nous décidons de prendre le bus qui met 9h (au lieu de 5h pour le colectivo) pour rallier Palenque : la route est plus longue mais le confort est incomparable..et peut-être l’esprit plus serein pour la sécurité…

Voilà quelques clichés de nos derniers jours au Mexique…